Je veux profiter de cette très belle initiative de notre frère Moh pour faire connaître, un peu, aux jeunes du forum Un grand footballeur algérien qu'ils n’ont pas eu l'occaision de connaître.
Rachid Mekhloufi, un momument du football
Né le 12 août 1936 à Sétif dans un des quartiers de la cité dit ‘’Bon Marché’’, ‘’Boumarchi’’ dans la bouche des sétifiens, il est le huitième enfant, et dernier né, d’une famille modeste.
L’USFMSétif, une école de civisme et de nationalisme, comme toutes associations spécifiquement algériennes, est son premier club après avoir été découvert au cours d’un tournoi des quartiers par M. Lakrif entraîneur de l’USFMS. Il débuta sa carrière en cadets.
Titulaire à part entière, en séniors, à 17 ans, il sera champion d’Afrique du nord, en 1953-1954, en battant le Stade de Tunis 2 à 1 à Tunis.
C’est un certain Sebtoun, séduit par le talent du Sétifien, qui lui proposa de tenter sa chance à Saint-Etienne
A 18 ans, soit encore junior, il commença sa riche carrière au sein de ce dernier club Français. Dés son troisième match il épata tout le monde et la presse sportive, comme l’Equipe, parlèrent de lui en termes élogieux.
Rachid Mekhloufi fut sélectionné en équipe de France B dès 1955 et marqua deux buts au prix de deux exploits lors de son premier match. La bible française du football ‘’France Football’’ titrait ‘’Rachid Mekhloufi, un second Kopa’’. Il a été le meilleur joueur de l’équipe de France B et fut sélectionné en A durant l’année 1956.
Ses débuts, à 20 ans à peine, il les fera, en présence de ses parents dans les tribunes, contre l’URSS, la grande équipe de Lev Yachine avec un excellent rendement et une victoire 2-1.
Mais deux mois avant le début de la Coupe du monde de football 1958, trente joueurs professionnels, algériens du championnat de France quittent l’Hexagone en vagues successives pour rejoindre le FLN.
Le 15 avril 1958, la France apprenait l’étrange disparition de Rachid Mekhloufi, de l’AS Saint-Étienne, qui avait qualifié l’équipe de France pour le Mondial. Avec Mustapha Zitouni, qui détrôna Jonquet, il était le seul algérien dans la liste des 40 présélectionnés pour la coupe du monde de 1958 en Suède.
Dans l’intervalle Mekhloufi fut à quatre reprises champion de France, remporta la Coupe, disputa la Coupe d'Europe, compta quatre sélections avec l'équipe de France et fut sacré champion du monde militaire en 1957.
L’épopée de cette équipe du FLN, à qui de multiples écrits furent consacrés mérite un article à part dans le topic.
Mekhloufi avait 26 ans quand il revient à Sant-Etienne où il signa un contrat qui le liait au club pour six ans.
L’année 1964 fut indéniablement l’année au cours de laquelle Mekhloufi explosa. Il s’était imposé comme le maître à jouer de son club et fut considéré, cette année, par toute la presse comme le joueur le plus complet de France.
Jean Snella, le célèbre entraîneur, à cette époque de Saint-Etienne, parla de lui en ces termes :’’ Je considère Mekhloufi comme l’un des meilleurs joueurs européens. Il est, en effet, l’un des rares attaquants que je connaisse capable de tout faire à la perfection. Au milieu du terrain il est d’une clairvoyance exceptionnelle…il est l’un des rares footballeurs en France capable de réaliser la dernière passe idéale, au millimètre et à toute vitesse pour créer l’occasion de but immanquable.’’
A cette époque, encore tout jeune, je commençais à lire ‘’ France Football’’ et suivais particulièrement les prouesses de Mekhloufi.
Les journalistes n’en avaient que pour lui et les distinctions pleuvaient. Un jour on demanda à Kopa, alors qu’il était au Real Madrid
-Que manque-t-il à l’Equipe de France ?
-Mekhloufi, répondit-il spontanément.
Son dernier match avec Saint-Etienne fut l’apothéose d’une belle carrière. C’était la finale de coupede France contre Bordeaux que les verts gagnèrent 2-1 gräce à deux buts de Mekhloufi, l’un sur une magistrale reprise de volée et le second sur pénalty trasformé avec grande facilité à deux reprises, l’arbitre l’ayant fait retirer.
Après un très bon passage à Bastia, Mekhloufi raccroche les crampons et rentre en juin 1970 en Algérie. Il dirige à deux reprises l'équipe nationale (1971-1972 et 1975-1979), les sélections du Maghreb et d'Afrique en 1972 ainsi que les militaires algériens.
Directeur technique national, il est de la campagne de l'Algérie au Mondial 1982. Il part exercer en Tunisie puis en Arabie saoudite, comme entraîneur, fait une halte à Mulhouse avant de revenir à Alger, où il accède, en 1988, à la présidence de la Fédération de football, poste qu'il quitte dégoûté deux ans plus tard.
Les carriéristes, et profiteurs du ballon rond, n’aiment pas la personnalité de Mekhloufi qui dérangea au plus haut point.
Ce fut, pour moi et des milliers d’algériens qui l’ont vu jouer, le joueur algérien le plus complet après Lalmas.